Procrastinez et reportez votre sortie médiatique au 8 janvier 2018

C’est dans la nature humaine de vouloir tout régler avant de partir en vacances. À l’approche de Noël, nous voulons boucler la boucle, clore des dossiers et « fermer notre année » pour avoir l’esprit tranquille durant les vacances des Fêtes.

Les relations publiques n’échappent pas à la liste de préoccupations des chefs d’entreprise. Si votre compagnie, sous les projecteurs des médias, planifie prochainement l’annonce d’une nouvelle d’intérêt publique, vous pourriez être tentés de la divulguer avant les Fêtes.

Une sortie médiatique avant ou après Noël?

Oui, comme chef d’entreprise, vous aurez l’impression de finir votre année sur une bonne note avec « une nouvelle économique dont tous les médias parlent ». Oui, vous aurez l’impression de rassurer vos employés avant qu’ils ne partent « propager la bonne nouvelle » dans leurs réunions de famille.

Ceci dit, stratégiquement, si vous souhaitez annoncer une nouvelle positive sur la place publique, je vous recommande d’attendre au lundi 8 janvier avant d’exécuter votre sortie médiatique.

Pourquoi? Voici trois raisons qui vous inciteront à procrastiner et à reporter :

1)      Votre entreprise projettera une image de renouveau.

Dans le passé, plusieurs de mes clients m’ont demandé s’il était préférable d’organiser une sortie médiatique à la mi-décembre ou de la faire plutôt à la mi-janvier.

Mon verdict : choisissez le début du mois de janvier. Vous projetez une image de renouveau, au moment même où débute une nouvelle année. À condition bien sûr que vous annoncez une bonne nouvelle. Et une bonne nouvelle, je tiens à le préciser, ce n’est pas uniquement de la création d’emplois. Tout ce qui est de nature à accroître la notoriété de votre entreprise entre dans cette catégorie.

Au début janvier, vous envoyez le message que votre entreprise entame l’année du bon pied, bien préparée, avec force et avec succès. Vous projetez une image positive : celle d’une entreprise qui a le vent dans les voiles et pour qui l’année s’annonce prometteuse. L’impact médiatique auprès de votre auditoire sera plus percutant qu’à la mi-décembre.

2)      Le danger d’être victime de l’indifférence de vos publics cibles.

Soyons franc : le public n’est pas nécessairement au rendez-vous à partir de la mi-décembre. Les gens sont distraits, fatigués et se lancent avec stress dans une course contre la montre pour les achats des Fêtes.

En annonçant une bonne nouvelle dans les médias le 21 décembre, vous pourriez profiter d’une excellente couverture médiatique parce que l’actualité devient plus tranquille. Les médias cherchent désespérément des sujets de reportage à ce moment de l’année comme en juillet.

Mais posez-vous les vraies questions. Est-ce que votre auditoire sera au rendez-vous? Est-ce que vos publics cibles verront passer la nouvelle? Si le public à qui vous vous adressez prend connaissance de votre sortie médiatique, seront-ils réceptifs au contenu? Vos publics seront-ils indifférents?

Votre véritable défi, c’est de lutter contre l’indifférence. Si vous foncez tête première en déployant une sortie médiatique, portez une attention particulière à la portée de vos messages. Parce que vous tentez de rejoindre un public susceptible d’être carrément indifférent à votre annonce. À moins bien sûr que l’objet de la nouvelle soit en lien avec la période des Fêtes…

3)      Votre auditoire ne se souviendra pas de votre nouvelle.

La veille de votre retour au travail après le congé des Fêtes, vous souvenez-vous de ce qui retenait l’attention dans l’actualité le 17 décembre? Le 19 décembre? Le 22 décembre? Je vous lance le défi de m’écrire le lundi 8 janvier 2018 et de me nommer 5 annonces économiques impliquant des PME qui ont fait les manchettes durant la semaine précédant Noël.

Au-delà de l’indifférence, le danger, c’est de sombrer dans l’oubli. Parce que l’annonce est survenue avant les Fêtes et dans l’effervescence du magasinage de Noël. Votre auditoire pourrait carrément oublier la nature de votre nouvelle. (Je ne m’appuie sur aucune statistique ou donnée de nature scientifique, mais plutôt sur des observations personnelles.)

L’exception à la règle : faire atterrir une mauvaise nouvelle

À l’inverse, la période de 10 jours précédant le congé des Fêtes représente une occasion en or, une fenêtre d’opportunité, pour annoncer une mauvaise nouvelle. En pareilles circonstances, ne perdez pas de vue votre objectif de relations publiques : limiter les dommages.

Réglez un dossier médiatique avant qu’il ne s’envenime au début du mois de janvier (ou pendant le congé des Fêtes), au moment même où vous souhaitez repartir l’année sur de nouvelles bases avec votre organisation. Avec un public indifférent ou moins réceptif, c’est un élément à considérer si vous préparez l’atterrissage d’une mauvaise nouvelle dans les médias.

C’est machiavélique, direz-vous? Oui, mais ça marche.

À condition de ne pas le faire sans subtilité le 24 décembre en fin d’après-midi au moment où débutent les messes de Noël dans les églises du Québec. Et à condition de contrôler votre message pour éviter les mauvaises surprises.