Plan C pour combat

Infographie ChatGPT

« If we can pick up a tenth of a second from you, from you and you, and me, if anyone in this room can make one critical contribution, that’s a second every lap. And after 72 laps, that’s the difference between last and first. Plan C… Plan C is for combat. »

 – Sonny Hayes, pilote vedette du film F1

 Ces paroles sont celles de Sonny Hayes, un pilote de course automobile du grand écran. Le personnage, interprété par Brad Pitt, sert dans cette scène épique du film F1 un discours de motivation pour rappeler à ses coéquipiers de l’écurie APXGP (aussi fictive) que chaque petit geste dans une équipe compte. Et que chacun peut contribuer au combat.

Je ne suis pas encore un fan fini de Formule 1, mais ce segment m’a instantanément rappelé que les communications stratégiques font face au même défi, peu importe l’individu, l’entreprise ou l’organisation qui doit les gérer.

Peu importe la nature de vos défis, que ce soit un désir absolu de visibilité médiatique ou la volonté d’influencer le gouvernement avec un enjeu crucial, vos communications exigent une lutte constante, un combat. Il suffit de suivre une vraie course de Grand Prix un dimanche matin à la télévision avec l’excitation du descripteur Pierre Houde pour comprendre la véritable signification de « Plan C pour combat ».

1) Bien se préparer à la ligne de départ

Les relations publiques et les communications stratégiques exigent un haut degré de préparation. L’improvisation est dangereuse. Une sortie médiatique cruciale pour promouvoir la croissance d’une PME doit être bien réfléchie et surtout bien préparée. Une organisation qui veut mettre de la pression sur le gouvernement du Québec pour régler un dossier doit faire le même exercice avec doigté et le souci des détails.

La préparation requiert d’identifier l’objectif de communication à atteindre et l’argumentaire à véhiculer (sans jeu de mot!). « Que voulons-vous précisément? Et qu’allons-nous dire pour convaincre nos publics cibles et les médias? », sont sans contredit les premières questions à se poser.

2) Identifier le porte-parole, le pilote des communications

La pire erreur est de mettre plusieurs personnes à l’avant-plan dans une opération de communication, qu’elle soit proactive ou réactive. Vous devriez toujours chercher à identifier un seul visage, celui du porte-parole qui pilotera votre « combat » sur la place publique et qui accordera des entrevues au besoin aux médias. Dans un dossier politique, cette même personne devrait toujours être celle qui effectue les représentations avec le gouvernement.

Trop de visages réunis devant le kodak créent une confusion quant au rôle de chacun et projettent l’image d’une entreprise ou d’une organisation qui n’a pas de leader désigné. Qui mettrez-vous à l’avant-plan dans vos communications? Qui est la personne qui aura les deux mains sur le volant?

3) Agir pendant la « course » avec détermination et en mode combat

Après plus de 13 ans à accompagner des clients avec leurs communications stratégiques, j’ai remarqué que deux approches se distinguent devant leurs défis : celle des résultats absolus et celle des tentatives.

La première approche est déterminée et axée exclusivement sur les résultats attendus, que ce soit pour une couverture médiatique, la médiatisation d’un enjeu public ou les efforts de communication avec les élus. Les entrepreneurs adoptent souvent cette approche naturellement. Cependant, cette même approche peut-être aussi contre-productive, étant obnubilé par les attentes élevées sans prendre en contexte le timing et les enjeux qui les entourent.

L’avantage : Vous garderez le focus sur vos résultats à atteindre et saurez quelles actions déployer en visualisant l’impact souhaité. L’inconvénient : Vous pouvez foncer tête baissée… au mauvais moment. Votre action de communication peut être en décalage avec ce qui intéresse les médias, vos publics cibles et les décideurs. Cet entêtement peut vous faire gaspiller beaucoup de temps, d’énergie et d’argent en plus de créer une vive déception. Une déception qui peut devenir paralysante pour la suite.

La deuxième approche est axée sur les tentatives. Votre entreprise ou votre organisation fonce coûte que coûte et espère le plus d’impact possible. On n’attend pas des résultats absolus, on les espère avec des actions de communications ciblées et répétées. Cette approche baisse évidemment les attentes, mais demeure très souvent la plus réaliste et la plus efficace à adopter. Parce que l’actualité est totalement imprévisible dans cette ère d’instantanéité et que vous ne la contrôlez pas. Parce que vos enjeux ne sont peut-être pas une priorité de vos élus au moment où vous en faites la mise en marché dans les médias et dans une offensive sur les réseaux sociaux.

L’avantage : vous avancez progressivement avec des attentes réalistes et vous êtes prêt à bien saisir les opportunités lorsqu’elles se matérialisent sous vos yeux. L’inconvénient, vous pouvez démoraliser vos troupes avec des tentatives qui ne donnent que des résultats mitigés, voire inexistants.

En terminant, gardez en tête que toute opération de communication ne repose pas que sur vos épaules. Laissez votre équipe vous soutenir, autant vos employés à l’interne que vos conseillers à l’externe. Cherchez à vous entourer. Parce que c’est la force de l’équipe qui vous entoure qui fera une réelle différence. Comme le pilote de F1 sur un circuit, les deux mains sur le volant et soutenu par les coéquipiers de son écurie.

Profitez du parcours devant vous et des virages inattendus. Plan C pour combat : la piste et vos communications vous appartiennent.

 

David Couturier