Campagne électorale et timing médiatique : ce que vous devez savoir

« Est-ce que la campagne électorale représente un bon ou un mauvais timing ? »

En octobre 2026, les québécois seront appelés aux urnes pour élire un nouveau gouvernement après deux mandats de la Coalition Avenir Québec. Nous ne connaissons pas encore les enjeux qui tinteront la prochaine campagne électorale provinciale. On peut présumer que la détérioration du réseau de la santé pourrait teinter la campagne, du moins en partie. Par exemple, des images marquantes, comme les épisodes vécus avec les chauves-souris et les accumulations d’eau à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, donneront des sueurs froides aux stratèges caquistes en pleine campagne si elles se reproduisent…

Pendant la trentaine de journées de campagne électorale, plusieurs organisations et entreprises auront le réflexe de vouloir mettre sur la glace toute opération médiatique et attendre au lendemain de l’élection pour se faire voir et pour se faire entendre. D’autres, plus motivées, verront la campagne électorale comme le Saint-Graal, l’occasion tant rêvée de mettre de la pression sur les partis politiques, tout en ayant de la visibilité.

Quelle est la bonne voie à suivre? Ça dépend!

Une campagne électorale, ce n’est pas nécessairement le meilleur timing pour attirer l’attention des médias. La campagne électorale vient complexifier toute opération médiatique qui n’a rien à voir avec les promesses des candidats.

La mathématique des bulletins de nouvelles

C’est d’abord une question de temps d’antenne, comme me l’avait expliqué il y a quelques années le journaliste Alain Laforest de TVA. Prenez un bulletin de nouvelles télévisé de 30 minutes et enlevez la publicité : il reste environ 22 minutes de temps d’antenne. Si dans ce même bulletin de nouvelles, trois reportages et une analyse couvrent la campagne électorale pour une durée de 12 minutes et que vous tenez compte des sports et de la météo, il ne reste plus beaucoup de place pour d’autres nouvelles de l’actualité. C’est mathématique : un bulletin télé « amputé » par les promesses électorales des partis politiques vient court-circuiter les possibilités d’exposure médiatique. La même logique s’applique aux émissions de radio et aux journaux, autant dans leur version papier que celle numérique.

Mais rien n’est impossible, dépendamment du sujet que vous voulez médiatiser. C’est possible d’attirer l’attention des médias pendant la campagne électorale. Personnellement, je n’aime pas la stratégie « d’attendre les deux pieds sur le pouf ». Nous devrions toujours rester à l’affût des opportunités. Parce qu’il y en aura toujours. Voici ce que vous devez savoir :

  • L’intérêt des médias décroit après la première semaine de campagne et plus les jours avancent. Les journaux, les télés et les radios continuent de couvrir assidûment les promesses électorales, mais le reste de l’actualité reprend progressivement sa place.
  • En conséquence, la campagne électorale est une occasion bien réelle de vous inscrire dans l’actualité avec les enjeux de votre organisation ou les défis de votre entreprise. C’est une opportunité de défendre un enjeu stratégique, d’interpeller les différents partis politiques et de créer un débat public. C’est particulièrement vrai en région où les médias cherchent la nouvelle.

Savoir rebondir pour positionner ses enjeux pendant la campagne électorale

Pouvez-vous intervenir sur la place publique et interpeller les candidats? Êtes-vous en mesure d’effectuer une sortie médiatique percutante et bien documentée, forçant même les chefs de parti et/ou les candidats à réagir? Si une promesse d’un parti politique a un impact pour vos membres, pourquoi attendre avant de réagir? Prenez la balle au bond!

Plusieurs moyens de communication existent pour être bien entendu. Par exemple, une lettre ouverte médiatisée peut faire réagir, engendrer des demandes d’entrevue dans des émissions de radio et être lue par les candidats eux-mêmes. Ou pourquoi ne pas contacter le dernier recherchiste avec qui vous avez été en contact pour lui rappeler que vous pouvez commenter?

Si vous donnez des munitions aux journalistes pour questionner les chefs de partis ou les candidats en région, les médias s’intéresseront à vous. Si vous provoquez le débat avec une situation ou un enjeu, vous aurez du temps d’antenne. Et si vous n’en avez pas, votre enjeu pourrait tout de même servir de prétexte pour alimenter les discussions à la radio.

Ne l’oubliez pas : une bonne histoire dans les médias, ça reste une bonne histoire. Au-delà du timing, c’est le storytelling, l’histoire que vous racontez, qui compte.

Avec la congestion des nouvelles pendant la campagne, l’idée n’est pas de viser une couverture médiatique mur à mur, mais d’être présent dans les médias de façon stratégique. Et soyons clairs : le timing médiatique parfait n’existe pas. Campagne électorale ou non, il y a toujours des opportunités d’accrocher les médias et d’attirer l’attention des journalistes sur des sujets d’intérêt public.

À condition de bien se préparer avant et de savoir rebondir sur ce qui se dira pendant la campagne électorale.

 

David Couturier